Sur le chemin de Régordane, j’ai remonté l’histoire

Sur le chemin de Régordane, j’ai remonté l’histoire

 

KM 1 : A LANGOGNE, J’AI CROISÉ SAINT-LOUIS, IL RENTRAIT D’EGYPTE !
C’est à Langogne que mon récit commence. J’y arrive par le train, empruntant « Le Cévenol », une ligne de chemin de fer qui déjà me plonge dans l’Histoire. Et plus précisément, au milieu du XIXème siècle, époque à laquelle plus de 6000 hommes travaillèrent sans relâche pour édifier des dizaines de viaducs et de tunnels ! Oubliant le rythme infernal du métro-boulot-dodo, je goûte aux joies du slow tourisme, car, on ne va pas se mentir, le Cévenol n’a rien d’un TGV. Une douce transition avant d’entamer mes 3 jours de randonnée sur le Chemin de Régordane… Mes souliers à peine chaussés, je rencontre déjà un illustre personnage : Louis IX. Le célèbre Saint-Louis est parti en croisade en 1248. A son retour, il emprunta la Régordane en plein mois d’août, traversant Langogne en direction du nord. Mais moi, c’est vers le sud que je me dirige, allant de pâturages en forêts au gré du chemin.

KM 15 : A LUC, J’AI CONTREDIT STEVENSON ET ÉCHAPPÉ À LA BÊTE DU GÉVAUDAN
Après une petite quinzaine de kilomètres, un étrange château se dresse face à moi. Le Château de Luc. J’apprends qu’il fut l’un des points stratégiques entre Gévaudan et Vivarais, protégeant un large tronçon de la Régordane. Edifié sur un emplacement celtique, il a connu la Guerre de Cent Ans et les Guerres de Religion, la Bête du Gévaudan et l’abolition des droits féodaux suite à la Révolution ! Mais son histoire ne s’arrête pas là : en 1878, les paroissiens l’ont transformé en chapelle… en édifiant à son sommet une statue de la Vierge. Passant par le château cette même année, Stevenson ne trouva pas l’aménagement à son goût. Mais, bien décidée à ne pas laisser l’écrivain écossais dicter ma conduite, je choisis de gravir la tour pour aller voir tout ça de mes propres yeux. Et en arrivant tout en haut, mes efforts sont récompensés : un panorama à 360 degrés s’ouvre devant moi ! J’aperçois notamment Laveyrune, dont l’ancienne colonie m’accueillera pour la nuit.

KM 33 : AU THORT, J’AI JOUÉ AVEC GARGANTUA , LE PRO DU « PALET », C’EST LUI !
Mon deuxième jour sur la Régordane s’ouvre sur une citation de René Séguier, homme de culture qui traversa la Lozère en 1740. Arrivant à hauteur de La Bastide, le jeune Allier l’enchanta, au point qu’il relata sa rencontre avec la rivière dans une lettre adressée à sa tante. « On la voit toujours telle qu’elle est, toute claire, toute charmante, toute nue […]. Je ne pouvais me rassasier de voir cette belle rivière ». Et il est vrai qu’elle a fière allure cette rivière ! Un GR propose d’ailleurs aux curieux d’en découvrir les sources. Mais, pour ma part, c’est la Régordane qui m’appelle. Je savais cette voie millénaire, et j’en trouve confirmation plus au sud, au Thort. Là, je découvre le « Palet de Gargantua », un dolmen qui n’a pas bougé d’un pouce… depuis le Néolithique ! Un peu plus loin, ce sont des ornières médiévales qui guident mes pas. A l’apogée de la Régordane, vers le XIème siècle, de véritables rails ont été creusés dans la roche, pour faciliter le passage des chariots de marchandises !

KM 47 : A LA GARDE-GUÉRIN, J’AI CÔTOYÉ DES CHEVALIERS ET PRÉLEVÉ UN IMPÔT SUR LA POUSSIÈRE
Franchissant le Chassezac près du village d’Albespeyres, je gagne alors le Mont-Lozère, et avec lui le village de La Garde-Guérin. Classé parmi les « plus beaux villages de France », c’est le clou du spectacle de ma deuxième étape. Et son histoire est étroitement liée à la Régordane. Si le village que je découvre est aujourd’hui d’une quiétude absolue, il n’en était rien au XIIème siècle. L’afflux de pèlerins en route vers l’Abbaye de Saint-Gilles, et de commerçants rejoignant les ports de la Méditerranée, attira dans la région de nombreux bandits de grand chemin. Pour les protéger, Bernard d’Anduze créa le village, véritable poste-frontière défendu par des chevaliers ! Et s’ils défendaient efficacement les convois, les chevaliers remplissaient aussi les caisses du village, en prélevant de multiples taxes. La plus insolite ? Une taxe dite de « pulvérage », proportionnelle à la quantité de poussière soulevée par les troupeaux lors de leur traversée du village !

KM 52 : A VILLEFORT, J’AI REVÊTU MA CAMISOLE (OU PLUTÔT MON MAILLOT DE BAIN)
Après une nuit bien méritée dans une ancienne demeure seigneuriale, j’arpente une dernière fois les ruelles empierrées de La Garde-Guérin avant d’entamer la descente vers Villefort. La pente est raide, mais les bâtisseurs de la Régordane ont décidément pensé à tout : des pierres dressées permettaient aux animaux de bât de faire une pause en cours de montée. Pour ma part, c’est dans les eaux du Lac de Villefort que je m’octroie une pause… rafraîchissante ! Me voici en terre cévenole, au pays des Camisards. Et dans l’épicentre de la Régordane. C’est ici, dans la faille de Villefort, que tout a commencé. Les animaux sauvages ont emprunté ce chemin naturel pour se déplacer plus facilement, suivis par les troupeaux, les bergers en transhumance, les pèlerins et les commerçants. Et ce n’est donc pas un hasard si Villefort s’est construite tout en longueur. Pour attirer le chaland dans les auberges et les échoppes, il fallait avoir pignon sur Régordane !

KM 55 : A SAINT-ANDRÉ, J’AI RENDU HOMMAGE À MAURICE ANDRÉ, LE MINEUR DEVENU VIRTUOSE DU RÉ MAJEUR
Plus que quelques kilomètres, et après 3 jours de marche, me voici arrivée aux confins de la Lozère. De l’autre côté de La Malautière, la Régordane s’enfonce dans le Gard, où l’attendent les vignobles des Costières, la Rome française et bien sûr Saint-Gilles. Mais pour ma part, c’est à Saint-André-Capcèze que j’ai décidé de m’arrêter. Parce que je n’avais que trois jours devant moi. Et parce que je suis une inconditionnelle de Maurice André, le « meilleur trompettiste du monde » selon moi… et nombre de spécialistes. Mais quel est le rapport entre Maurice André et Saint-André, me direz-vous. Eh bien, figurez-vous que c’est ici que le père de Maurice est né : mineur mélomane, il transmit son goût pour la musique à son fils, et sa passion des Cévennes. A son décès en 2012, c’est donc tout naturellement ici que Maurice André a été inhumé. C’est ainsi sur une note solennelle, mais ô combien mélodieuse, que s’est conclue mon itinérance sur le GR700.

CONTACT

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TARIFS

Adulte : A partir de 150,00€



MODE DE PAIEMENT

Carte bleue Chèques bancaires et postaux Espèces


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